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BENNO BOKK YAKAAR: CANDIDATURE UNIQUE OU PLURIELLE

Posté par: Abdoulaye taye| Lundi 12 janvier, 2015 21:01  | Consulté 1380 fois  |  0 Réactions  |   

Les élections présidentielles de 2017 s’approchent de manière imminente si le Président de la République tient sa promesse de réduire son mandat à cinq ans. Les états-majors des partis politiques et des coalitions se livrent déjà à des stratégies et des calculs électoraux. Le débat est lancé dans la coalition benno bokk yakaar. Les apéristes veulent s’assurer dès maintenant des soutiens électoraux de leurs alliés les plus importants. A juste raison ! Moustapha Niasse, en dépit de quelques voix discordantes dans l’AFP, impose à son parti de se ranger derrière la candidature du Président Macky. Le parti socialiste tergiverse. Il est sommé par certains apéristes de préciser sa position en perspective des échéances de 2017. Le débat vire à l’émotionnel et au partisan plutôt qu’au rationnel. Il faut poser correctement la question. Quelle est la pertinence d’une candidature unique ou d’une candidature plurielle au sein de la coalition Benno bokk yakaar? C’est la véritable question qui vaille d’être posée!

La candidature unique souhaitée par l’APR renforce la coalition au pouvoir et accroit les chances du président sortant d’être élu au premier tour. Elle permet aux alliés de porter un discours cohérent supporté par le bilan d’une action gouvernementale commune assumé par tous. Aussi, elle facilite davantage à la coalition de proposer aux sénégalais un programme électoral naturellement accoudé sur le Plan Sénégal Emergent (PSE), reconnu et accepté par tous les alliés comme un plan rédempteur. Cette unité autour d’un candidat unique favorise la lisibilité et la visibilité du bilan du Président Macky contrairement à la candidature plurielle qui expose la coalition aux risques d’un discours contradictoire inaccessible aux électeurs. La candidature plurielle va provoquer une confusion et une cacophonie qui ne profitera qu’à l’opposition. Il faut ajouter à cela qu’une candidature plurielle se fait au moins sur la base d’un accord fondé sur le soutien au candidat de la coalition élu au deuxième tour de tous les candidats perdants au premier tour. Dans la perspective d’un tel accord électoral, il est clair que tous les candidats de la coalition soutiendront le Président Macky puisqu’il sortira vraisemblablement dans la pire des hypothèses au second tour. Ou bien on le soutient au premier tour ou bien au second avec le risque de rater le train (dans le cas d’une victoire à 51% au premier tour). Le parti socialiste comme l’AFP ou Benno Siggil Sénégal perdront le plus probablement ces prochaines élections en faveur de l’APR (et du PDS qui vraisemblablement incarnerait l’opposition) dans le cadre d’une candidature plurielle. Ne faudrait-il pas donc soutenir le président sortant au premier tour et faire l’économie d’une campagne électorale bariolée d’actes, de comportements et de discours confusionnistes que les électeurs auront du mal à percevoir ?

Au demeurant, une candidature plurielle pourrait conférer au PS ou à Benno Siggil Sénégal un pouvoir de négociation respectable dans le cas d’un second tour contrairement au cas d’une coalition de candidature unique où les poids des partis et coalitions politiques sont confondus, dissous et invisibles. La candidature plurielle permet à chaque parti ou coalition allié(e) de mesurer sa contribution dans la victoire du candidat élu. Ce qui est aussi très important dans ce pays où chacun revendique des parts disproportionnées à sa valeur réelle. Il faut faire connaitre son poids politique réel dans le jeu politique pour se faire respecter.

Toutefois, le PS peut avoir une meilleure chance en s’engageant dans la scénarisation d’une victimisation. Le candidat victimisé pourrait engranger les suffrages des électeurs traditionnels fidèles au PS mais aussi balayer large sur des franges importantes de l’électorat sensibles à l’injustice. Encore qu’il faut le faire très rapidement ! Le contexte politique qui permettait au Président Wade de séjourner dans les gouvernements socialistes et d’en sortir à l’approche des élections pour participer aux joutes électorales n’existe plus. Le président Wade était le chef de l’opposition de fait. Aucun leader politique de l’époque ne pouvait lui discuter cette place. Cette situation n’est plus en vigueur. Il faudra au dit candidat discuter âprement cette place déjà occupée de toute évidence par le front démocratique républicain (FDR).

Une manière d’éviter une candidature plurielle, c’est de s’engager dans un partenariat électoral bâti sur des critères reconnus et acceptés par tous les alliés à l’image de ceux utilisés lors des dernières élections législatives de juin 2012. Toutefois, ces accords de partenariat n’ont pas de valeur juridique contraignante. Ceci met gravement en jeu la confiance des uns et des autres. Du Président Wade au Président Macky, ils ont tous confisqué la victoire des coalitions qui les ont portés au pouvoir. De même, le Président Moustapha Niasse a confisqué les 13% de Benno Siggil Sénégal en usurpant à son profit personnel la dignité et l’honneur de la présidence de l’Assemblée Nationale mais aussi et surtout en faisant allégeance au Président de la République sans le consentement explicite de ses alliés. Le Président Macky a confisqué la victoire de Macky 2012 en réduisant l’APR à un secrétariat exécutif national (SEN). Cette situation a créé beaucoup de mécontents dans les rangs de Macky 2012 y compris de l’APR. Il faut penser à les rallier au risque de se mettre sur le dos une « opposition politique morale » au pouvoir de nuisance imprévisible. Ces coalitions sont les dépositaires de la légitimité juridique et politique de la victoire de ces présidents.

Il faut ajouter qu’un deuxième mandat présidentiel signe la fin du droit de candidature, ce qui va réduire à sa plus simple expression le pouvoir de pression, de chantage voire de manipulation des alliés sur leur candidat réélu. Le « mouth mba mott » (fermez la gueule ou quittez) va prendre tout son sens.

Faut-il mettre en place un cadre juridique, règlementaire ou éthique pour empêcher que les candidats élus des coalitions ne détournent les suffrages de leurs alliés au compte de leurs propres intérêts et profits ? Un simple cadre éthique aiderait à respecter les engagements et à garantir la confiance des uns et des autres.

En résumé, on peut affirmer, dans le cadre d’une candidature plurielle, que tous les candidats de la coalition présidentielle ont perdu d’avance les élections face au candidat Macky. Leurs partis ou coalitions ne peuvent que soutenir le président sortant au premier ou au pire au second tour. Il s’agit maintenant d’analyser la pertinence de leurs choix relatifs aux deux options traitées ici à la lumière des enjeux, des intérêts et des résultats politiques qu’ils veulent atteindre.

 

Dr Abdoulaye Taye

Enseignant-Chercheur à l’Université Alioune Diop de Bambey

Initiateur du RBG-AMO (Revenu de base généralisé associé à une Assurance Maladie Obligatoire)

 L'auteur  abdoulaye taye
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Mots Clés: CANDIDATURE, Benno
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abdoulaye taye
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