Afrique: les universités d'excellence essaiment sur le continent

  • Source: : RFI | Le 10 septembre, 2017 à 18:09:03 | Lu 2331 fois | 5 Commentaires
content_image

Afrique: les universités d'excellence essaiment sur le continent

Plusieurs expériences d’enseignement supérieur de très haut niveau sont menées en Afrique pour former l’élite du futur. Ces jeunes leaders peuvent suivre, entre autres, les programmes de la Mandela Rhodes Fondation et de l’African Leadership Academy en Afrique du Sud, ou encore de l’Université Ashesi au Ghana.

Des programmes d’excellence visant à former les leaders africains de demain ont été lancés sur le continent au tournant des années 2000. Par esprit de réconciliation et désir de promouvoir les études auprès des jeunes, Nelson Mandela a été l’un des pionniers, en parrainant en 2002 une initiative du Rhodes Trust. Ce fonds donne alors 10 millions de livres sterling à la Fondation Mandela Rhodes, dotée d’un siège au Cap, l’immeuble Mandela Rhodes, offert par le groupe diamantaire De Beers.

Sous la direction de Shaun Johnson, ancien journaliste et directeur adjoint du groupe de presse Independent Newspapers, avec un conseil d’administration qui comprend l’écrivain Njabulo Ndebele, recteur adjoint de l’Université du Cap, un comité de personnalités différentes sélectionne chaque année depuis 2005 les heureux élus.

La vingtaine d’étudiants retenus sont ensuite entièrement pris en charge pour suivre un programme d’exception d’une seule année. Essentiellement sud-africains, issus de tous les milieux, ces élèves comptent aussi quelques Zimbabwéens. Le programme se veut panafricain, mais reste méconnu hors de l’Afrique australe et anglophone.

Sa particularité : il repose sur quatre grands thèmes - leadership, entrepreneuriat, réconciliation et éducation - et s’inspire fortement des pratiques politiques du pays. Les étudiants se rencontrent dans des retraites informelles avant la rentrée, puis repartent en milieu d’année pour des bosberaad (« conférences en brousse ») à travers le pays, destinées à échanger de manière détendue sur des questions de haute importance.

Il forme aussi un réseau d’anciens élèves, qu’il invite à se voir et se fréquenter. Celui-ci a lancé en 2014 des « Conversations pour le changement », une série de conférences remarquées à travers le pays, avec des thèmes tels que « Peut-on décoloniser l’Afrique ? », qui abordent les sujets qui fâchent.

« Quand aurons-nous de bons dirigeants ? »

A Roodeport, près de Johannesburg, un autre programme ambitieux vise à former des leaders africains hors des cursus classiques, trop théoriques et déconnectés des réalités du moment – à commencer par la révolution numérique. Au programme de l’African Leadership University (ALU), lancée en 2004 par quatre professionnels renommés, dont deux consultants africains du cabinet McKinsey, le Ghanéen Fred Swaniker et le Camerounais Acha Leke : des cours de « pensée critique », « d’auto-leadership » ou de « données numériques et décisions ».

Leur objectif part d’un amer constat, résumé en ces termes par Fred Swaniker : « Nos dirigeants ont ruiné l’Afrique…Quand en aurons-nous de bons sur le continent ? Quand serons-nous enfin en charge de notre propre destinée ? »

L’Académie a formé à ce jour 853 « jeunes leaders » issus de 44 pays et âgés de 20 ans en moyenne. Tranformée en université en 2013, elle veut faire des petits sur les 25 prochaines années, avec un réseau de 25 campus à travers le continent, qui existent déjà sur l'île Maurice et au Rwanda.

L’objectif : accueillir chacun 10 000 étudiants pour un cursus de trois ans et des frais de scolarité annuels de 7 000 dollars qui seront pris en charge par des mécènes. Emblématique d’une Afrique en plein essor et qui voit grand, l’ALU veut devenir « la » référence, comme Harvard ou Oxford peuvent l’être aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

« Leadership éthique »

Fondé en 2002 à Beresuko, au nord d’Accra, capitale du Ghana, l'université privée Ashesi est animé par les mêmes ambitions et la volonté de former des jeunes à inventer l’avenir en pensant hors des clous. Et surtout, à ne pas produire des philosophes éthérés, mais des ingénieurs axés sur le concret et les métiers de demain. Son manifeste : « Promouvoir un leadership éthique, un esprit d’entreprise et la capacité à résoudre des problèmes complexes ».

Elle n’en est pas peu fière : l’université Ashesi a vu 90 % de ses 900 anciens élèves rester travailler en Afrique, au lieu de s’expatrier comme nombre de talents africains. Issus de 18 pays africains, ses 800 étudiants actuels sont pour moitié des boursiers et moitié des jeunes femmes. Les formations proposées sont des masters de quatre ans dans six grandes matières : gestion, gestion des systèmes d’information, science informatique, ingénierie électrique et électronique, informatique et mécanique.

C’est ce mouvement de bascule générationnel qu’encouragent tous ces établissements, qui visent à combler à la fois une lacune importante en termes d’éducation, mais aussi à doter le continent des moyens politiques et humains de son propre essor à venir, inexorablement tiré par sa transition démographique.


Auteur: Sabine CESSOU - RFI






1 - Soyez courtois. N'envoyez pas de message ayant un ton agressif ou insultant.
2 - N'envoyez pas de message inutile.
Attaques personnelles. Vous pouvez critiquer une idée, mais pas d'attaques personnelles SVP. Ceci inclut tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée ou en violation avec la loi.
Ne devoilez pas
les informations privées de qui que ce soit ( adresses, etc... ).
de tels messages seront supprimés et leurs auteurs bannis des commentaires.

3 - Pas de publicité. Ce forum n'est pas un espace publicitaire!.
4 - Pas de majuscules. Tout message inscrit entièrement en majuscule sera supprimé.
5 - Lisez la politique de gestion des commentaires de Seneweb
6 - Les auteurs de commentaires repetés (pollueurs) verront tous leurs commentaires á travers le site tout simplement retirés en un seul coup

Commentaire (3)


Anonyme il y a 2 semaines (18:40 PM) 0 FansN°: 1
C'est plutôt pour former les futures élites soumises à l'oligarchie occidentale, les leaders africains valables sont méthodiquement supprimés par l'occident dont le dernier en date mouamar khadaffi
Reply_author il y a 1 semaine (16:36 PM) 0 FansN°: 1
@n°1. bilahi wakhatico ! on exactement la même lecture du texte que je n'ai d'ailleurs pas terminé ! les besoins de l afrique sont dans les domaines scientifiques et technologiques. l'afrique produit moins de % de la production scientifique mondiale ! rien, absolument rien n'est mis au point ou fabriqué par nous autres pour pouvoir booster durablement nos économies ! tout tout et tout est importe ! la puissance de la coree du nord, des etats unis, la france? est essentiellement supportee par la parfaite maitrise des vraies sciences (pas de la magie, et des tours de passe ésotériques, ou les croyances ésotériques) et des technologies. et avec tous ces manquements on pense avec une naïveté déroutante à une prétendue "émergeance" concept nouveau pour atténuer notre mal de développement. et toute honte ravalée on (des débiles mental et psychopathe pathétiques comme kemi seba) ose penser nous faire couper notre cordon ombilical avec le système économico financier mondial (alors que c'est un élément et enfant du système) en nous proposant d'anéantir le cfa ! la seule bataille qui vaille est la maitrise des sciences et techniques par la jeunesse africaine. toute autre demarche releve de l activisme sterile et cretinisant......
Gentil Dajjal il y a 2 semaines (21:01 PM) 0 FansN°: 2
Vous faîtes encore des Universités pour fabriquer des élites super diplômées et sans obligation morale vis à vis de l'Afrique!



superdiplômées Mais endoctrinées



Dîtes vous que parmi les professeurs émerites qui les forment,



il y a des hommes qui peuvent enseigner les enseignants des enseignants de leurs enseignants/



Mais Attenchion, nous ne donnons pas ce savoir à ceux qui se sont retournés contre nous hier, et qui privent l'Afrique de bonheur.



Les hommes de science savent de quoi il est question.

Nul besoin d'en rajouter.



Vous enseignez du faux-savoir ou du savoir approximatif malgré vos grands mots de sciences exactes.



Certainement



 :bindeu:  :bindeu:  :bindeu:  :bindeu: 
Anonyme il y a 2 semaines (21:26 PM) 0 FansN°: 3
Chers amis, pour manipuler ou confiner, faut être plus intelligent. Changez l’équipe.

Commentez cet article

Auteur

Commentaire :

Service Commercial

Senegal : +221 33 864 65 71    |    Usa, Canada, Europe : +1 703 348 7306    | +1 703 395 86 48   Email : pub@seneweb.com

Rédaction

Email : redaction@seneweb.com